Association de loisirs créatifs, culturels et sportifs à Saint-Maur des Fossés, Val de Marne
  • Édito

Visite de l’Exposition RODIN/BOURDELLE « Corps à corps » au Musée Bourdelle

I

Mercredi 15 Janvier, Récrévasion a organisé une visite guidée de l’exposition Rodin/Bourdelle.

Antoine Bourdelle admira Auguste Rodin, de vingt ans son aîné. Il travailla pendant quinze années comme praticien, chargé de tailler des marbres pour Rodin. Le maître perçut en cet héritier, volontiers indocile, un « éclaireur de l’avenir ».


Parallèles, souvent superposées, leurs trajectoires méritent assurément une grande exposition. À travers plus de 160 œuvres, dont 96 sculptures, 38 dessins, 3 peintures et 26 photographies, la confrontation donne à voir, avec une ambition et une ampleur inédites, les fraternités et réciprocités comme les divergences et antagonismes de deux créateurs, de deux univers plastiques, porteurs des enjeux majeurs de la modernité.

L’exposition bénéficie du soutien exceptionnel du musée Rodin qui prête 60 œuvres de ces collections mais aussi de prêts de nombreuses institutions internationales. Le musée national d’art moderne/ Centre de création industrielle / Centre Pompidou, le musée d’Orsay, la Maison de Balzac,  le musée du Petit Palais, musée des beaux-arts de la Ville de Paris, le musée des Beaux-arts de Lyon, le musée des Beaux-arts de Rouen,  le musée Matisse de Nice, le musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis, les Ateliers-Musée Chana Orloff, la Fondation Giacometti à Paris, L‘Alberto Giacometti-Stiftung Kunsthaus de Zürich et la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague ont également apporté leur généreux concours à cette exposition.

La première section porte sur le rôle du praticien et montre comment Bourdelle devient les « mains » de Rodin, transcrivant dans la pierre des modèles en plâtre du maître, dont la magistrale Eve (prêt exceptionnel de la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague) constitue l’ultime chef-d’œuvre. Elle dit aussi la fascination réciproque des deux hommes pour le marbre et l’esthétique de l’inachevé.  

Un ensemble de masques rappelle que cet abrégé saisissant de la personne fut largement exploité par les deux sculpteurs en quête d’expressions synthétiques et de symboles puissants.
Les mains résument à elles seules l’esprit d’une composition au point que certaines ont été traduites en marbre comme La Main de Dieu (1898-1902) de Rodin, fondues en bronze comme la Main désespérée (1900) de Bourdelle. Au regard des deux artistes, elles constituaient « un portrait en acte ». 
De la vibration du modelé à la géométrisation et la synthèse des formes, le torse instaure un dialogue exemplaire entre des plâtres et des bronzes de Rodin et de Bourdelle et la radicalité de figures de Raymond Duchamp-Villon (1876-1918), de Constantin Brancusi (1875-1957), d’Alberto Giacometti (1901-1966), d’Ossip Zadkine (1888-1967), de Chana Orloff (1888-1968). 

L’exposition se clôt sur l’exploration de la figure debout dans la lignée de l’Homme qui marche de Rodin : l’Autoportrait sans bras de Bourdelle, Le Serf d’Henri Matisse (1869-1954), L’Homme qui marche de Germaine Richier (1902-1959) et l’Homme traversant une place d’Alberto Giacometti (1901-1966) mettent ainsi en évidence la postérité de la voie expressionniste rodinienne comme de la synthèse bourdellienne. 
Cette partie vise donc à souligner l’influence des deux maîtres à la sources des avant-gardes, avec en contrepoint, des œuvres d’Henri Matisse (1869-1954), Constantin Brancusi (1876-1957), Raymond Duchamp-Villon (1876-1918), Ossip Zadkine (1888-1967), Chana Orloff (1888-1968).

Created by potrace 1.15, written by Peter Selinger 2001-2017